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CRITIQUE ÉDITORIALE SOURCÉE

Borsalino : créer contre sa propre légende.

Borsalino · 1970

Une lecture sourcée de Borsalino comme récit de cinéma : la création, la création, le consensus documenté et le contrechamp qui déplace la conclusion.

RÉDACTION LE FILM31 août 2026356 MOTS
01

CENTRE THÉMATIQUE

la création
02

PRESSION NARRATIVE

la création
03

FORME

récit de cinéma
04

ANCRAGES DU DOSSIER

jean-paul · policier · franco-italien

Le dossier de Borsalino fait émerger trois coordonnées propres à sa prémisse — jean-paul, policier et franco-italien. Ce vocabulaire place la création au centre et donne à la création sa tension dominante. Il établit une base documentaire, pas une note empruntée : la critique doit encore demander ce que la forme fait de cette matière.

Borsalino réunit la création et la création dans la forme du récit de cinéma. C'est là que se situe notre regard neuf : juger moins la familiarité de la prémisse que la précision avec laquelle cette combinaison rend son conflit lisible. La note éditoriale existante ajoute ce point de vue : Une proposition de cinéma à découvrir pour sa voix, son époque et le regard de celles et ceux qui l’ont créée.

Borsalino (1970) arrive avec les coordonnées d'un film de film ou téléfilm criminel inscrit dans le cinéma des années 1970. Le dossier attribue la réalisation à Jacques Deray et place Jean-Paul Belmondo et Alain Delon au premier plan. Avec un ample format de long métrage, la question utile n'est pas de deviner une intention invisible, mais d'observer comment ces choix documentés orientent l'attente du spectateur avant même le premier plan.

Lu comme récit de cinéma, le film porte la pression de la création. La création n'est pas seulement un résultat à admirer; elle devient un travail, une discipline et parfois une stratégie pour survivre au regard des autres. Le test critique le plus précis devient alors le prix humain du geste créateur, au-delà de son résultat. Ici, la petite échelle n'est pas une absence d'ambition. Elle peut devenir une méthode de précision, capable de transformer une présence, un silence ou une hésitation en événement narratif complet.

Le contrechamp regarde l'œuvre moins comme expression pure que comme lieu où l'artiste organise ce qu'il refuse de dire directement. Au lieu de demander si le film confirme le récit attendu sur la création, il faut observer s'il change la personne, le lieu ou l'institution qui a le pouvoir de le définir. Le verdict se déplace quand un silence cesse d'être un vide et devient la décision la plus chargée de la scène.

LE VERDICT, DÉPLACÉ

Le pari : écouter le silence avec la même attention qu'un rebondissement. Ici, la création change de sens sous la pression de la création.

LE POINT DE DÉPART DOCUMENTAIRE

Borsalino est un film policier franco-italien réalisé par Jacques Deray et sorti en 1970. Il s'agit d'une adaptation du roman Bandits à Marseille d'Eugène Saccomano. Le film raconte les aventures de deux jeunes voyous qui tentent de devenir les caïds de la pègre marseillaise. Il réunit, pour la première fois en tête d'affiche, les deux acteurs vedettes du cinéma français, Alain Delon et Jean-Paul Belmondo. Le long métrage rencontre un gros succès avec 4 710 381 spectateurs en salles et une quatrième place au box office. Il a eu une suite, Borsalino and Co. (avec Alain Delon, sans Jean-Paul Belmondo), sortie sur les écrans en 1974, qui connaît un accueil moindre au box-office.

Critique originale de la Rédaction Le Film. Aucun avis d'audience ni identité de critique indépendante n'est fabriqué.
Année
1970
Durée
125 min
Réalisation
Jacques Deray
Interprétation
Jean-Paul Belmondo · Alain Delon · Françoise Christophe · Arnoldo Foà · Laura Adani · Hélène Rémy · Mireille Darc · Mario David